
De Eric Fottorino
éd. Gallimard, 192 p.
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Alors qu’il se rend à la morgue pour voir son père une dernière fois, le narrateur rencontre une belle inconnue au visage et à la voix diaphane. Il est avocat, elle est traductrice...

Il est divorcé, elle est très mariée, maman même. C’est Mayliss, sa future héroïne qui lui parle sans défense de ses états et de son âme. Ils vont flirter sur des airs de cinéma nouvelle vague, des films que son père, photographe sur les tournages lui contait. Pour lui, elle va jouer avec le feu, donnant à cet amour tous les sens de l’interdit. Il avoue bientôt vivre à l’envers de la vie. On découvre l’itinéraire de cette passion qui traverse toutes les marches et démarches de la toxicomanie amoureuse au point que les acteurs de cette passion deviennent les héros d’un amour épique que le cinéma a éclairé de son beau métrage. Aux stations terminales de cette relation , on découvre un couple figé dans l’éphémère fascination d’un baiser de cinéma, baiser qui signe d’après feu son père l’origine même du narrateur. La quête amoureuse et folle est aussi, à travers les évocations des films de De Becker, Meurice et les autres une quête des origines pour le narrateur, double quête vers une mère inconnue dont il pressent être une doublure de star, une ombre des belles lumières du temps de la victorieuse Victorine. Dans ce jeu de clair-obscur, on reste tel un spectateur qui s’attarde sur le générique tout à la fois ébloui et troublé par l’enquête intime du narrateur et la mise en scène poétique et feutré du romancier.