Au Burkina Faso, un pays enclavé au cœur de l’Afrique de l'Ouest, l’ONUSIDA estime que près de 17 000 enfants sont séropositifs, environ 5 700 auraient besoin d'être traités, alors que l'UNICEF estime que seuls 420 d’entre eux reçoivent actuellement des antirétroviraux.

C'est dans ce contexte que que Ministre de la Santé Burkinabais Alain Bedouma Yoda a procédé, le mardi 16 janvier 2007 à Bobo-Dioulasso, à la pose de la première pierre d’un hôpital pédiatrique d’excellence. Cette structure sanitaire permettra une meilleure prise en charge des enfants séropositifs et malades du Sida.
Situé au Burkina Faso, l'un des pays les plus pauvres au monde, ce centre fournira donc gratuitement des traitements contre le sida et un soutien aux enfants séropositifs et à leur famille.

Le centre du Burkina Faso fait parti d’un réseau de cliniques pédiatriques financées par Bristol-Myers Squibb et gérées par le Baylor College of Medicine qui comprend d’ores et déjà les cliniques de Gaborone au Botswana, de Maseru au Lesotho et de Mbabane au Swaziland. Deux autres cliniques sont prévues, dont l’une en Ouganda à Kampala, qui devrait ouvrir prochainement et une autre au Kenya.

« Si les enfants séropositifs ne sont pas traités en Afrique, c’est en grande partie à cause du manque de professionnels de santé qualifiés et du manque d’organisation des systèmes de soin dans cette région », souligne le Dr. Mariam Kassambara-Sow, directrice du programme Sécuriser le Futur en Afrique de l'Ouest. « Ce centre mettra à la disposition des enfants tous les moyens dont ils ont besoin pour recevoir des traitements adaptés, et assurera également la formation sur place du personnel soignant ».
Son fonctionnement sera assuré par l'Université de Médecine de Houston (Texas), le Baylor College of Medicine, en partenariat avec le gouvernement burkinabé ; l'État s’est en effet engagé à assurer les moyens matériels, humains et financiers qui viennent après la dotation du terrain abritant la structure.
Selon les clauses de l’accord entre la fondation et le gouvernement, la structure sanitaire aura, à l’ouverture de ses portes, un caractère privé à but non lucratif et fera partie intégrante du système national de santé.

La clinique pédiatrique du Burkina Faso sera dotée d’un centre de consultation, de salles d’examens, d’une pharmacie, d’un laboratoire, d’une bibliothèque médicale, de locaux d’études et de formation, et de bureaux. Des services nutritionnels, psychologiques et des services sociaux et de soins à l’enfance seront fournis en même temps que des soins primaires et des soins spécialisés en matière de VIH/sida.
Ce centre bénéficiera de la contribution de médecins pédiatres volontaires, voulant lutter contre le sida. L’objectif de cette équipe de pédiatres volontaires est d’accroître de manière substantielle la prise en charge médicale et le traitement des enfants vivant avec le VIH et leurs familles dans des milieux à ressources limitées.
La réalisation du projet,mobilise une enveloppe globale de 2 millions de dollars US, qui prend en compte la conception, la construction et l’équipement de la clinique ainsi que les logements des expatriés.
Le partenariat Sécuriser Le Futur - Bristol-Myers Squibb - Baylor College of Medicine prévoit l’envoi de 50 médecins par an en Afrique au cours des cinq prochaines années. Certains d’entres eux sont déjà opérationnels au Burkina Faso depuis août 2006.

L'intention de la fondation Bristol-Myers Squibb est louable : elle a souhaité faire profiter l’Afrique de son expérience dans le domaine de la lutte contre le sida acquise en Afrique Australe où elle intervient depuis de nombreuses années. Elle a déjà mis en route en Afrique de l’Ouest de nombreux programmes qui, dit-elle, ont fait leur preuve. La création de cet hôpital pédiatrique est une étape supplémentaire pour permettre à tous ceux qui en ont besoin, dont les enfants, l’accès aux soins.

Sécuriser le Futur intervient également en Afrique de l’Ouest à travers une cinquantaine de programmes de lutte contre le sida, incluant un centre de traitement du sida s’appuyant sur des structures communautaires, basé au Mali. Ce centre s’inspire de ceux qui existent déjà dans 5 pays d’Afrique Australe : Afrique du Sud, Swaziland, Lesotho, Botswana et Namibie. Ces centres associent le traitement médical et la prise en charge globale des patients grâce à un large appui communautaire.
Celui-ci inclut des efforts de mobilisation pour réduire la stigmatisation liée au VIH/sida, promouvoir le dépistage volontaire, les soins et soutiens à domicile assurés par des volontaires, un système de formation et d’éducation par des « pairs », des programmes nutritionnels et de sécurité alimentaire et des activités génératrices de revenus. Sont aussi mis en place des programmes de formation destinés aux “accoucheuses traditionnelles”, aux autorités coutumières et religieuses, et des programmes de sensibilisation des guérisseurs traditionnels.
Pour la première fois, les données fournies par ces centres démontrent l'intérêt primordial de l’appui et des services communautaires dans l’amélioration des résultats cliniques des patients. Sur plus de 15 000 malades séropositifs recrutés dans ces centres, plus de 7 000 sont sous traitement ARV, avec des taux d’observance de 84%.
