Le Conseil général des Hauts-de-Seine propose, depuis le 13 septembre, l’exposition “Parcours d’un collectionneur : l’Histoire, la fable et le portrait”. Il s'agit là d'une présentation inédite de 35 tableaux et dessins de l’école française du XVIIème et du XVIIIème siècle. Cette collection exceptionnelle appartient à un couple de collectionneurs altoséquanais, qui a souhaité confier au Conseil général des Hauts-de-Seine le soin de présenter, le temps d’une exposition, les oeuvres dans les Écuries de Colbert dernièrement restaurées.

En parcourant cette collection, le visiteur est amené à découvrir les principaux sujets de la hiérarchie des genres traités dans ce courant pictural :
1. La Fable (mythologie et allégorie)
2. L’Histoire religieuse (L’Ancien Testament et Le Nouveau Testament)
3. Le portrait
4. Les paysages et les scènes de genre
Défini au XVème siècle en Italie, le critère qui fonde cette hiérarchie est l’invention, par opposition à la simple imitation : l’artiste élabore dans son esprit la forme qui convient le mieux au thème à traiter, en recherchant une disposition inédite des personnages, en variant les expressions, en choisissant des accessoires convenables ou un effet d’éclairage délicat.
La peinture d’histoire, le grand genre ayant la primauté dans cette hiérarchie, est fortement présente dans cette collection. Les œuvres exposées ont pour iconographie des sujets mythologiques (Pyrame et Thisbée de Pierre Mignard, Vénus qui engage Vulcain à faire des armes pour Enée de Louis de Boullogne), tirés des poètes, dramaturges ou romanciers, des sujets religieux inspirés de l’Ancien ou du Nouveau Testament (La Nuit de noces de Tobie et de Sara d’Eustache Le Sueur, Laban cherchant ses idoles de Jean-Baptiste-Marie Pierre) ou allégoriques (La Muse Clio de Charles-Antoine Copyel). Pourtant, cette prééminence de la peinture d’histoire ne saurait masquer le foisonnement des genres réputés mineurs et également présent dans cette collection.
Au XVIIIème siècle, la hiérarchie des genres persiste, mais les thèmes changent. Ils ne se portent plus sur des sujets moraux ou héroïques inspirées de la Rome antique, mais sur des sujets de galants (Vénus et Adonis de Jean-François de Troy). La peinture française se tourne vers de nouvelles couches de la société préférant des œuvres au format réduit collectionnées dans des cabinets de tableaux. La demande s’accroît pour les portraits, les tableaux de genre, les paysages et les natures mortes.

Le caractère exceptionnel de cette exposition repose sur la sélection habile de peintres majeurs, la richesse et l’originalité des thèmes iconographiques et la redécouverte d’œuvres qui ont marqué l’Histoire de l’Art, présentées dans un parfait état de conservation, et pour la plupart abondamment documentées.
En effet, près d’une vingtaine d’artistes sont représentés : Jean-Baptiste et Philippe de Champaigne, Nicolas Colombel, Pierre Mignard, François de Troy, portraitiste de la cour de Sceaux dont le Musée de l’Île-de-France possède plusieurs toiles, Hyacinthe Rigaud, Claude Vignon et, pour le XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Greuze, Jean-François de Troy, Carle Vanloo, Joseph Vernet…
Parmi les peintres les plus renommés, Philippe de Champaigne et Carle Vanloo sont les mieux représentés à travers deux tableaux religieux, la réplique autographe et un buste du portrait de Richelieu en théologien. L’exposition de Sceaux révèle des tableaux longtemps disparus et dévoile des aspects méconnus des œuvres d’artistes, comme Jean-Baptiste Oudry, peintre animalier représenté par un somptueux portrait d’homme. L’exposition met également à l’honneur des artistes encore peu connus, comme Guy François, l’un des rares peintres caravagesques à travailler en France.

Le collectionneur et son épouse ont acquis des tableaux non attribués se révélant, après avoir été nettoyés, ré-attribués et publiés, être des œuvres inestimables connues par des sources anciennes. C’est le cas du Pyrame et Thisbée de Mignard, provenant de l’ancienne collection de Laurent de Jalive de Jully, passé en vente en 1992 sous l’attribution “ Entourage de Nicolas Poussin ”. Les tableaux et les dessins de la collection sont donc présentés dans un excellent état de conservation. Dans la salle audiovisuelle des Ecuries, le film concluant le parcours des visiteurs, livre quelques informations sur l’histoire de la collection et sur le parcours du collectionneur.
A l’issue de l’exposition également présentée au Musée des Beaux-Arts d’Arras (printemps 2008) et au Musée Bonnat de Bayonne (été 2008), le Portrait de la comtesse de Brionne et de son fils, le prince de Lorraine, peint par François de Troy, rejoindra les collections du Musée de l’Ile-de-France et s’ajoutera aux trois autres tableaux du même artiste propriété du Département.
Parcours d’un collectionneur : l’Histoire, la fable et le portrait
Tableaux et dessins français inédits du XVIIe et du XVIIIe siècle
du 13 septembre 2007 au 7 janvier 2008 au Musée de l’Ile-de-France - Parc de Sceaux
Musée de l’Île-de-France - Bâtiment des Ecuries
Parc de Sceaux - 92330 Sceaux
Entrée libre
Tous les jours, sauf le mardi, de 10 heures à 17 heures (fermé le 25 décembre 2007 et le 1er janvier 2008)
Renseignements : 01-41-87-29-50
Au fait, un altoséquanais est un habitant des Hauts-de-Seine !