
De Dante
Nouvelle traduction de Mehdi Belhaj Kacem
éd. L'Arbalète Gallimard, 142 p.
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Aux origines de la vie, il y a l'amour ainsi en est-il de cette première autobiographie de la littérature qui raconte la vie de Dante, empreinte de son amour pour sa béatitude, Béatrice.
Béa qu'il était devant son inspiratrice, sa vie n'a pris qu'un tour, celui du cœur et de la plume assemblés qui ont donné cet art combinatoire du vers et de la prose. Mehdi Belhaj Kacem a refait le chemin du récit italien originel pour lui donner ses accents, ceux de sa connaissance et de l'ère du temps qui dit que le temps de Dante ne s'est pas éteint malgré sept siècles écoulés. "Traduction pop de la Vie Nouvelle", selon les mots du postfacier Jean-Pierre Ferrini. Mehdi Belhaj Kacem nous redit dans la langue de notre époque les sonnets du poète vénéré qui ont soufflé tant de mots d'elle à ses continuateurs amoureux. On pense à Ronsard, Du Bellay, Hugo jusqu'aux derniers des poètes lyriques d'aujourd'hui. S'il est un tel point de départ de la littérature amoureuse, c'est que Dante a su décrire tous les soubresauts du noble sentiment, le frisson face à la très-Gentille Béatrice, le puissant désir de la voir et de la revoir encore. Et par-delà l'ultime chagrin que lui procure sa disparition, le poète la réincarne en figure poétique éternelle, Béatrice bénie pour tous les siècles et dit de cette béatitude ce qui ne fut jamais dit d'aucune autre. On a pensé de Béatrice sanctifiée qu'elle n'était que le fruit de l'imaginaire du poète, rêve de l'amour divin qui préfigure sa divine Comédie. La vie nouvelle ou seconde est ainsi du ressort du divin, celle qui se vit après la rencontre merveilleuse, mystique qu'incarne aussi cette oeuvre.