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Les mangas de notre enfance…

« Caaaaapitaine Flam tu n’es pas de notre galaxie, mais du fond de la nuit, Capitaine Flam ! » Cette douce mélodie a bercé notre tendre enfance, nous avons tous été élevés par ces dessins animés japonais qui nous parlent de pirates de l’espace, de gentils particulièrement beaux et généreux et de méchants vils et moches. De récréA2 au Club Dorothée en passant par Youpi l’école est fini, petit tour d’horizon de nos souvenirs télévisuels.


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Qu’est-ce qu’un manga ?
Contrairement à ce que l’on pense, le « manga » ne désigne pas un dessin animé mais une bande dessinée. Le manga est extrêmement populaire, au Japon, on en trouve pour tous les public sur tous les sujets possibles. Il y a les shojos, des BD romantiques réservées plutôt aux adolescentes. Parmi ceux-ci se développe un genre particulier, le yaoi, qui présente des histoires homosexuelles entre les deux héros masculins. Pour les garçons, il existe un genre tout à fait spécifique, les shônen, dont les plus célèbres sont Dragon Ball ou Ken le Survivant. Pour les adultes, il y a également un large panel d’hentaï, les mangas érotiques.

La plupart des dessins animés sont des adaptations de ces mangas. La transition du papier à la télé dépend du succès du premier format. Ainsi, Albator, Olive et Tom, les Chevaliers du Zodiaque, Cat’s eyes… ont d’abord été des mangas avant d’être adaptés plus ou moins fidèlement à la télévision. Car, en vu de l’exportation, certaines histoires sont développées ou certains aspects dérangeants gommés. Ainsi, Card Captor Sakura, qui a fait les beaux jours de M6 récemment, a été remanié lors de son passage du papier à la pellicule pour correspondre à un public assez jeune. En effet, dans le manga, les relations ambiguës entre les personnages ne manquent pas : entre la meilleure amie de Sakura qui lui déclare toutes les deux pages qu’elle l’aime (rappelons que ces jeunes filles n’ont que 8 ans) ou le grand frère de l’héroïne qui a une amitié toute particulière avec son meilleur ami…
Outre la censure déjà existante lors du passage de la version papier à la version animée, les chaînes de télévision françaises ont opéré des coupes sauvages dans la plupart des animes de notre enfance. Vous trouviez Les Chevaliers du Zodiaque ou Ken le survivant violents ? Dites-vous qu’on vous a épargné les passages les plus sanglants. Ce qui explique que certains personnages trépassaient sans qu’on comprenne bien ce qu’il leur était arrivé.

Certains dessins animés ont une histoire un peu plus capitaliste : ils ont été commandés par Bandaï pour promouvoir une gamme de jouets. C’est ainsi que Les maîtres de l’univers (Musclor) ou Jayce et les conquérants de la lumière ont fleuri sur nos écrans. Mais, pour ce dernier, les ventes de jouets n’a pas été probante et la série s’est arrêtée sans avoir de fin.



Les mangas à la télévision
Ces dessins animés japonais arrivent à la télévision dès les années 70 avec des titres comme Astro, le petit robot ou encore le Roi Léo, qui a fortement inspiré le Roi lion de Walt Disney. Mais c’est surtout dans les années 80 que les mangas envahissent la France.
En juillet 1978, Antenne 2 programme les aventures d’un robot géant qui balance ses poings sur les méchants : Goldorak. Le succès est tel que les autres chaînes de télévision lui emboîtent le pas, achetant de nombreuses productions japonaises. Ainsi, une nouvelle héroïne blonde aux tâches de rousseur vient faire pleurer les petites filles : Candy. A côté, d’autres dessins animés fleurissent sur nos écrans de télévisions tels Lady Oscar, Maya l’abeille ou les Cités d’Or. Les producteurs, conscients de ce succès, lancent alors des co-production entre l’Europe et le Japon comme Rémi sans famille et Ulysse 31.
Petit à petit, les chaînes de télévision débloquent des cases horaires pour diffuser des mangas. En 1984, une nouvelle arrivante sur le PAF, Canal +, propose quelques dessins animés (Cobra, Edgar…) qui seront rachetées par Fr3. Cette dernière a beaucoup contribué à la large diffusion des mangas en France : qui a oublié les dimanches soirs devant Cat’s eyes ou Gigi ?
La popularisation des mangas s’accélère en 1985 avec l’arrivée de la première chaîne privée, la 5, qui met en place une émission pour les jeunes, Youpi ! L’école est finie. De nombreux dessins animés de qualité y sont diffusés, tous les enfants s’y retrouvent : les petites filles pleurent devant les malheurs de Princesse Sarah, les petits garçons rêvent devant les exploits d’Olive et Tom et leurs terrains de foot qui font deux kilomètres de long… Les adaptations sont particulièrement soignées : les doublages sont bons (si ce n’est cette terrible manie d’affubler les personnages de prénoms ridicules), les génériques sont écrits et interprétés avec soin et, surtout, il n’y a pas de censure, ce qui permet de laisser l’histoire compréhensible pour tous.
L’apparition du Club Dorothée en 1987 marque un tournant dans l’histoire des mangas à la télévision. Cette émission programme de nombreux mangas comme Juliette je t’aime, Lamu, mais surtout les Chevaliers du Zodiaque ou Dragon Ball. Le succès est au rendez-vous et les produits dérivés, vendus par Bandaï, envahissent les magasins de jouets. Fouillez dans votre coffre à jouet, je suis sûre que vous y trouverez un vieux chevalier de bronze...



Mais, évidemment, qui dit succès, dit critique. Dans les faits, les fans de manga ont de quoi grincer des dents : les doublages ont fait à la va-vite pour répondre à la demande, la censure s’applique en dépit du bon sens. Même la traduction est bâclée, rendant les scénarios franchement incompréhensibles. Cette volonté de diffuser un nombre massif de nouveaux titres pousse Dorothée et ses amis à l’erreur : en 1988, les enfants découvrent Ken le survivant, un dessin animé particulièrement violent ne s’adressant pas à un jeune public. En effet, voir des crânes qui explosent après que le héros lui ait annoncé : « Tu ne le sais pas encore mais tu es déjà mort » a de quoi faire faire des cauchemars aux plus jeunes. Face à un tel déballage de violence, les associations de parents se mobilisent. Ken disparaît du petit écran et le CSA contraint TF1 à diffuser un message d’excuse juste avant le 20 heures, une sanction inédite qui n’a jamais été réutilisée par la suite. AB productions, qui avait acheté un nombre incroyable de titres, ne peut donc plus diffuser son catalogue, laissant au Club Dorothée quelques rares titres tels Dragon Ball Z ou Sailor Moon. Mais l’émission est victime de sa mauvaise réputation et finit par disparaître en septembre 1997.

Le manga n’a plus la côte à la télévision, les fans doivent de rabattre sur le satellite et notamment sur la chaîne Mangas (qui appartient à AB) ou encore Game One. Parallèlement, de nombreux éditeurs apparaissent pour proposer des mangas sur VHS puis sur DVD mais il s’agit souvent des versions françaises (mal) doublées et censurées, AB n’ayant pas conservé les pellicules d’origine.
Le satellite redonne ses lettres de noblesse au manga grâce à des émissions telles que Récré Kids sur TMC qui diffuse les dessins animés de la 5. D’autres chaînes diffusent Pokémon ou Card Captor Sakura qui reviennent ensuite sur le hertzien, respectivement sur TF1 et M6. Dernièrement, les dessins animés qui ont bercé notre enfance reviennent en force sur le service public (France 3 et France 5) avec la diffusion de nombreux titres comme les Cités d’Or, Jeanne et Serge ou Albator. Les fans de la première heure se réjouissent et le jeune public découvre un univers qui leur était inconnu.

L’avenir du manga ?

Curieusement, les critiques envers les mangas a poussé de nombreux jeunes à s’intéresser au phénomène : à partir du moment où ils ont disparu de nos écrans, les magasins vendant mangas et vidéos se sont multipliés.
Les clichés ayant la peau dure, on a assimilé tous ces fans aux « adulescents », des trentenaires qui idolâtrent Albator et Casimir pour ne pas assumer leur vie d’adulte. Raccourci ô combien agaçant quand on voit la diversité du public qui fréquentent ces magasins. Les lecteurs passent de plus en plus souvent de l’autre côté de la barrière, les mangas « made in France » se multiplient, comme le très bon Sentai school (que je conseille très vivement) de Philippe Cardona.
Conscient du phénomènes, les publicistes utilisent abondamment les mangas dans leur campagne : récemment, une marque de gel a expliqué avoir le secret des coiffures mangas. 
Ecrit par Visiteur
le 12/5/2007 11:10:00
(2127 lectures)
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