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Un chasseur sachant chasser…

… doit chasser sans blesser quelqu’un. Tel pourrait être la nouvelle devise de Dick Cheney depuis le 11 février. Ce jour-là, le vice-président a tiré par erreur sur un de ses amis… et la presse n’a pas manqué de dégainer à sa suite.

Le Watergate signa la fin de la présidence de Richard Nixon. Monica Lewinski faillit être la liaison fatale de Bill Clinton. Et si George Bush devait démissionner à cause d’une caille ?
Non, il ne s’agit pas de grippe aviaire, bien que cette histoire de volatile s’avère aussi indigeste pour le président américain. George Bush ne s’est pas non plus étouffé en mangeant de la volaille, « les leçons du bretzel étrangleur» étant désormais acquises. Cette fois-ci, le maillon faible se trouve être un proche de l’administration, son vice-président, Dick Cheney.

Celui auquel la presse américaine a attribué le titre de « vice-président le plus puissant de l’histoire» est en effet au centre d’un « scandale » qui pourrait bien avoir des conséquences graves pour les Républicains. Les faits sont simples : lors d’une partie de chasse, Dick Cheney a confondu une caille et un de ses amis avocats, Harry Whittington, le blessant grièvement au cou, à la joue et à la poitrine. Plus que cet accident dramatique pour M. Whittington (dont les jours ne semblent plus en danger), les médias reprochent à l’administration sa gestion de l’affaire. Le manque d’empressement de Dick Cheney à prévenir la police ou encore le fait qu’il ne se soit pas exprimé sur cette affaire pendant trois jours, a attisé l’animosité de la presse. Celle-ci entretient des relations difficiles avec le vice-président depuis les débuts de l’administration Bush : Dick Cheney tient éloigné les journalistes de toutes ses affaires, et la presse, quand à elle, le considère comme le principal investigateur de la guerre en Irak.

George Bush, lui-même, semble avoir pris de la distance avec son vice-président. Washington n’a pas été prévenu immédiatement de l’accident, et le président n’a manifesté aucun soutient public à son collaborateur. Ce changement de cap est aussi visible dans la politique même du président américain. Même si la guerre contre l’axe du mal est toujours d’actualité, l’administration américaine montre moins d’empressement dans sa politique au Moyen-Orient. Le bourbier irakien et une opinion publique de plus en plus hostile, rogne sur la marge de manœuvre de George Bush. Désormais, il se tourne plus volontiers vers Condoleeza Rice et les modérés, que Dick Cheney et les « faucons » pour prendre conseils.

L’émeute médiatique semble s’être calmée, après l’intervention télévisée de M.Cheney. Le vice-président ne fait plus l’objet de toutes les plaisanteries télévisuelles mais l’état préoccupant de M. Whittington à de quoi inquiéter la Maison Blanche. Certes, George Bush n’est pas en première ligne dans cette affaire. Mais le vice-président reste une pièce maîtresse de l’administration. De plus, M. Cheney n’a pas vraiment convaincu lors de cette interview. Bien que présentant ses excuses et admettant sa responsabilité, il a perdu beaucoup de sa splendeur, et avec lui c’est le gouvernement tout entier qui en pâtit.

Après la gestion catastrophique de l’ouragan Katrina, George Bush voit donc un nouvel écueil se présenter sur sa route. Mais cette fois-ci, il ne peut plus compter sur son vice-président pour le soutenir. La morale de cette histoire : rien ne sert de chasser, il faut viser à point…

Béatrice RUL

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