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De la qualité des gazon dans les stades de foot

Y'en a-t-ils qui ignorent encore que la Coupe du Monde de Football 2006 commence ce 9 juin ?
A cette occasion, l’
Union Nationale des Entrepreneurs du Paysage (UNEP) nous rappelle que la qualité d'un match dépend aussi et surtout du soin aux pelouses des stades !

Les pelouses en chiffre

Élément central d’un stade de foot, la pelouse connaît de constantes évolutions. Elle est devenue un véritable enjeu pour la recherche et développement. La recherche se mène à l’échelle mondiale et se concentre tout particulièrement sur les questions de développement durable et de respect des normes écologiques. Les enjeux sont à la hauteur des surfaces semées. A titre d’exemple, le stade de France c’est 11 000 m² de surface engazonnée et 9 000 m² de pelouse pure.

La création de stades en France :
Š environ 200 nouveaux terrains de football par an,
Š 20 entreprises du paysage spécialisées dans la réalisation de terrains engazonnés,
Š 300 000 euros investis en moyenne par stade,
Š un chiffre d’affaires annuel d’environ 60 millions d’euros.

Un stade de ligue 1 en chiffres :
Š 9 000 m² de pelouse pure,
Š 1 500 tonnes de sable environ,
Š 300 millions à 1 milliard de graines d’espèces différentes mélangées selon leurs spécificités,
Š 4 à 10 jardiniers à temps plein toute l’année,
Š une tonte 2 à 3 fois par semaine pour un gazon d’une hauteur de 25 à 28 mm.

Un gazon un brin résistant et rasé de près

Le gazon d’un stade doit répondre à de nombreuses exigences techniques imposée la Fédération Française de Football. Grâce à son savoir-faire, le jardinier-paysagiste applique strictement les critères en matière de terrassement, drainage, engrais, imperméabilité ou encore densité du gazon. Il détermine la composition du gazon et la technique d’implantation les mieux adaptées au milieu et aux conditions climatiques dans lesquels il va être installé. Le climat, la hauteur de tonte, la fréquence de tonte, le degré d’entretien, le piétinement, l’enracinement et l’esthétisme sont autant de facteurs à prendre en compte.

La hauteur du gazon influe sur la vitesse du jeu : les rebonds du ballon sont, pas exemple, plus élastiques sur une pelouse rase. Plus elle est tondu à ras, plus les mouvements des joueurs sont aisés. Ainsi, l’entraîneur peut adapter la vitesse du jeu selon la fatigue de son équipe par la hauteur du gazon, c'est quasiment scientifique !
Mais, de ce fait, elle n'en est que plus fragile. C’est pourquoi l’expertise du jardinier-paysagiste est fondamentale car consiste à la fois à concevoir la meilleure pelouse en fonction du jeu de l’équipe qui évolue sur ce terrain, mais aussi en fonction de l’environnement et des conditions climatiques bien différentes selon que l'on soit à Lens, Paris, Auxerre ou Monaco.

Sachant également que, sur le terrain, ce sont 22 joueurs et 3 arbitres, soient 50 pieds massifs et un escadron de crampons qui battent la pelouse, les mottes de terre arrachées par les tacles et le piétinement sont également des critères à prendre en compte avant de poser une pelouse sur un terrain de football.

Plusieurs types de gazon

Il existe différents procédés de pose de gazon : le semis (le plus traditionnel) ou le placage. Développé depuis une vingtaine d’années, le gazon de placage est un gazon naturel cultivé en gazonnière puis livré sous forme de rouleaux ou de pavés.
Pour le semis, il effectue d’abord une étude sur des parcelles tests, puis crée un mélange de graines pour obtenir un tapis végétal le plus résistant possible et répondant aux exigences techniques et esthétiques définies par l’environnement. Son principal inconvénient est qu’il faut attendre 1 an au minimum avant que la pelouse ne soit jouable, contrairement au placage qui, une fois posé, est opérationnel en 2 à 3 semaines.
Le gazon plaqué ((plus cher mais de bien meilleure qualité et résistance) permet un gain de temps non négligeable à la pose et à l’entretien, mais il présente d’autres difficultés techniques. Il existe toujours un risque de « rejet de greffe » si le gazon ne s’adapte pas au sol. Il faut également veiller à ce que l’enracinement soit solide et que l’imperméabilité soit aussi efficace sur le stade qu’en gazonnière.

Chaleur et arrosage

Une fois le gazon posé, le jardinier-paysagiste doit veiller à rassembler les conditions optimales pour garantir une durée de vie la plus longue possible. Il développe ainsi différentes techniques pour pallier le manque d’ensoleillement inévitable sur une partie du stade. On trouve ainsi certains stades équipés de lampes recréant la lumière artificielle, comme c’est le cas au stade Louis II à Monaco, équipé de lampes éclairant les endroits où se portent les ombres des tribunes.

Froid et gel sont également des facteurs de risque pour le gazon ; il peut être équipé de systèmes de chauffage sur les zones du terrain plus exposées au froid. L’intérêt de ce dispositif est de maintenir le sol hors-gel sans détremper la pelouse. Un système beaucoup plus efficace que la bâche protectrice, mais plus coûteux !

Le rectangle vert devient aujourd'hui high-tech grâce à des systèmes de drainage qui rendent la pratique du jeu possible, même par forte pluie. Tout l’art du jardinier-paysagiste consiste à évaluer et ajuster le bon niveau d’eau pour sa pelouse au millimètre près.
Selon la saison, le sol et la météo, il faudra apporter 5 à 15 mm d’eau/jour. Les pelouses sont équipées de systèmes d’arrosage automatiques hautement sophistiqués. L’eau ruisselle et s’évacue selon des normes très précises pour éviter un terrain détrempé.

Céline BERGER

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